Tania VASYLIEVA :  Entre l’Ukraine et la France

 

L’Expert 16h44

 

Aujourd’hui, 16h44 étend son horizon et s’initie avec Tania Vasylieva aux spécificités du management ukrainien. Jeune cadre ayant parcouru l’Europe, Tania garde de cette expérience variée un précieux recul sur les différentes cultures managériales et notamment sur celle de l’Ukraine. Désormais établie à Kiev, Tania pourrait constituer un point d’appui intéressant à qui souhaite développer une activité en Ukraine.

Tania, peux-tu retracer pour nous ton parcours ? 

 

Je suis d’origines russe et ukrainienne. Professeure d’histoire de l’Ukraine, j’ai également exercé comme guide-interprète à proximité de la Mer Noire. J’ai aussi collaboré avec l’Académie des avocats, ce qui m’a permis d’observer de nombreuses entreprises

J’ai ensuite travaillé en France puis en Suisse pour appuyer le développement international d’entreprises polonaises. Aujourd‘hui, j’ai la chance d’être revenue en Ukraine, à Kiev, où je travaille avec un entrepreneur français, Jean Roche, qui exerce depuis plusieurs dizaines d’années dans le domaine de l’ingénierie. Je le seconde également dans l’animation d’un club franco-ukrainien qui compte un certain nombre d’entreprises françaises solidement implantées en Ukraine.

 

Tu as travaillé en France et en Ukraine. Quelles différences culturelles ou managériales as-tu pu observer entre ces pays ?

 

La première chose qui m’a frappée, c’est l’autonomie que laisse un manager occidental aux membres de son équipe. Le dirigeant ukrainien exerce, de manière générale, un management plus directif et plus étroit.

La culture soviétique et sa lourde bureaucratie sont encore présentes en Ukraine et même si les choses évoluent, les générations ont tendance à reproduire les comportements qui les ont forgées, alors le changement est lent, progressif. Pendant le système soviétique, les managers ukrainiens ont peu voyagé, ils ont évolué dans des univers cloisonnés, ce qui ne facilite pas l’ouverture d’esprit, voire favorise les comportements traditionnels. Mais le changement s’opère, peu à peu, et aujourd’hui de nombreux cadres sont très enclins à intégrer une entreprise française, ou sont attirés par l’expérience internationale (d’autant plus que la réglementation en matière de visas s’est assouplie depuis 2016 et favorise les échanges). Sur 143 millions d’habitants, 6 millions travaillent à l’étranger.

Paradoxalement, quand je suis arrivée en France, j’ai vite remarqué qu’il y avait une certaine rigidité que l’on ne connaît pas en Ukraine. J’ai deux anecdotes qui illustrent cela. La première, c’est lors de mon arrivée en France. Suite à une mauvaise oblitération de mon ticket de métro, j’ai dû payer une amende. Je me suis rendue compte à cette occasion que les règles s’appliquent et que la loi est respectée. En Ukraine, il est souvent possible de s’expliquer, de se justifier.

La deuxième anecdote va dans le même sens : un jour, nous avons dû nous faire livrer une machine en France dont dépendait la production d’une usine. C’était juste avant un long week-end férié et la livraison qui avait pris du retard s’est retrouvée bloquée à la Poste. En Ukraine, vu l’importance de la livraison, une solution aurait sûrement été trouvée pour débloquer la situation. Là il était impossible de faire quoi que ce soit avant la réouverture du bureau de Poste.

Par ailleurs, les entreprises françaises sont souvent surprises de l’implication des cadres qu’elles recrutent. Ici, on travaille d’arrache-pied, même le week-end, l’essentiel étant de réaliser les tâches prévues. Le niveau culturel est élevé en Ukraine et il n’est pas rare de trouver un vendeur qui puisse vous parler de Balzac ou de Voltaire.

Quels sont les aspects qui frappent un entrepreneur à son arrivée en Ukraine ?

 

Plusieurs choses peuvent le surprendre, notamment le nombre d’employés qui cumulent plusieurs emplois. Le salaire moyen se situe autour de 500 euros dans les grandes agglomérations et de 140 euros en milieu rural. Mais depuis quelques années la présence de nombreux informaticiens ou roboticiens bien formés ainsi que le développement d’établissements supérieurs tend à réduire cette tendance.

Le niveau de la protection sociale laisse à désirer. Seulement 8 % d’habitants bénéficient d’une protection en matière de l’Assurance maladie volontaire. De même, 10 % seulement de la population bénéficie d’une protection sociale. Avec une retraite de l’ordre de 80 €, les personnes âgées ont du mal à survivre et recherchent des activités comme la vente de graines de tournesol ou des postes de gardiens d’immeubles. Il peut y avoir une concurrence entre les retraités et les plus jeunes pour ces petits boulots.  C’est différent de la Suisse par exemple, où la retraite est davantage le temps des loisirs et des voyages.

Il y a aussi une différence d’état d’esprit assez importante. Comme je le disais, le salarié ukrainien est souvent très volontaire. Par exemple, j’ai été marquée par le fait qu’en France, une tâche non prévue dans une fiche de poste peut être refusée. C’est difficilement envisageable en Ukraine. D’ailleurs, il y a une grande polyvalence des employés et il est possible de se séparer d’un salarié sous quinze jours.

Enfin, je pense qu’un français arrivant en Ukraine pourrait être surpris par la bienveillance ambiante. La confiance est facilement donnée et les relations se créent aisément alors qu’en France, j’ai observé qu’il fallait souvent une plus longue période, même entre collègues. Et puis malgré le contexte assez rude, les ukrainiens sont plutôt optimistes et confiants quant à l’avenir.

Quelles sont les entreprises qui gagneraient à s’intéresser à l’Ukraine ?

 

L’Ukraine est une destination attractive pour les entreprises du domaine agricole ou agro-industriel, en raison de son sous-sol fertile. De nombreuses opportunités existent également pour le secteur de l’environnement, avec notamment des politiques incitatives dans le domaine de l’éolien l’énergie renouvelable avec la mise en place de tarifs verts. De façon générale, c’est sans doute le bon moment pour les entreprises de l’ingénierie, des énergies renouvelables et du développement durable de s’intéresser à notre marché ou à notre pays.

 

 

L’Application 16h44

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3 commentaires sur “Tania VASYLIEVA :  Entre l’Ukraine et la France”

  1. Les voyages permettent de se bien situer dans le present et son mode de fonctionnement
    Pour mieux Apprécier les qualités et pondérer les défauts d’un système
    Merci à 16h44 pour ce voyage

  2. Oui, l’Ukraine est un pays qui mérite largement d’être découvert, respecté, et encouragé dans son développement, avec une jeunesse volontaire, dynamique et courageuse à l’exemple de Tania.

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